Voyage en Equateur, allée des volcans

Malgré sa superficie d’environ deux tiers de la France, l’Equateur est un pays d’une diversité de population, de paysages et de végétation surprenante. Nous décidons de partir pour la partie haute du pays, sur cette petite partie de la cordillère des Andes, à la découverte de  » l’Allée des volcans « . Au programme, villes coloniales, volcans en tout genre, marchés typiques, et bien sûr des rencontres mémorables.

 « Vous êtes libres aujourd’hui ? Allez je vous emmène faire un tour dans la ville ! » Nous embarquons dans la voiture de Vicente rencontré à peine une heure avant, lors d’une de ces innombrables fêtes locales. Il est photographe et prend quelques clichés qu’il revend ensuite aux familles présentes sur place. Derrière ses grosses lunettes et sa bonhomie, se cache un homme d’une gentillesse absolue.

« Vous allez m’accompagner dans ma journée de travail, nous allons faire les différentes fiestas de la ville ! ». Quelle chance, un véritable cadeau du ciel !

Nous sommes arrivés quelques jours avant dans la partie sud du pays, mais le temps maussade et les nuages bas ne nous ont pas permis de découvrir les volcans mythiques du pays. Avec Vicente, nous allons découvrir la gentillesse et l’accueil hors pair des équatoriens ! Que demander de mieux ?

Les clients n’étant pas nombreux, Vicente nous emmène finalement dans les faubourgs de Cuenca où il habite, et en profite pour nous faire visiter une bonne dizaine de baños (bains thermaux) dont l’eau est chauffée par le petit volcan jouxtant le village. « On vient ici en famille pour profiter des eaux sulfureuses bienfaitrices » nous confie notre hôte. En effet, rien à voir avec nos cures thermales à la françaises. Ici les belles filles prennent le soleil, les enfants sucent des glaces à l’eau et les hommes discutent autour d’une bonne bière locale qui fera également notre bonheur : la Pilsener.

Vicente est connu comme le loup blanc ici, toutes les portes nous sont ouvertes et c’est pour nous l’occasion de découvrir le cœur de l’Equateur. Deux heures plus tard, nous nous retrouvons chez lui, devant un poulet au riz avec sa femme et ses quatre enfants d’une incroyable curiosité. Tous ont la même envie d’échange que nous. Vicente pointe du doigt une guitare qui pend au mur et nous invite à exercer nos maigres talents de chanteur. Notre répertoire étant quelque peu limité, nous entonnons un air parfaitement maîtrisé du groupe breton Tri Yann : « L’eau ne fait rien que pourrir le poumon !  » devant une assistance médusée. Quand on nous demande de traduire les quelques paroles, nous préférons opter pour une version plus romantique d’un amour déchiré qui se retrouve enfin ! The French touch !

Cuenca, ville de rencontre

Puis c’est parti pour la promenade du dimanche au parc national de Cajas, très beau parc d’altitude (jusqu’à 4450m) parsemé de plus de 200 lacs et d’arbres de taille encore modeste comparés arbres géants du Redwood Park . L’ambiance est magique malgré la pluie insistante de cet après-midi. Au retour nous nous faisons témoins d’une intimidation de la police locale, qui insiste pour récupérer quelques billets suite à une infraction imaginaire de Vicente.

Sa femme refuse catégoriquement, les discussions vont bon train. Au bout d’un certain temps, le fonctionnaire, rageur, nous indique de filer. Soulagement dans la voiture. « Avant, c’était monnaie courante » nous glisse la femme de Vicente « mais les habitudes tombent petit à petit avec Correa ». Corréa est le nouveau président en place, jeune, actif, il donne de l’espoir à un pays où la corruption était établie à tous les niveaux et où l’on découvrait des responsables politiques de tout poil impliqués dans des affaires douteuses. Correa semble revêtir les espoirs du pays.

Le soir, nous mangeons le « cuy », spécialité de Cuenca, un cochon d’inde grillé à la broche. La viande n’est pas abondante sur le bête, mais la saveur est surprenante et excellente. Nous quittons, émus, toute la famille de Vicente, qui a pris soin de noter quelques mots français. « Au revoir ! ».

Latacunga, porte des volcans d’Equateur

Après quelques jours à Cuenca, superbe ville nichée à 2800 m d’altitude, nous reprenons le bus pour Latacunga. Nous apercevons enfin les volcans réputés du pays : le Chimborazo (6310m), point culminant de l’Equateur, et le Tungurahua (volcan qui rentre de temps en temps en éruption) plus à l’Est dont nous avions tenté l’approche quelques jours auparavant au départ de la ville de Baños. Ce jour là, il n’avait pas daigné nous honorer de sa présence, préférant se cacher derrière les nuages. Nous nous étions vengés le soir, dépités, devant d’excellentes bières Pilsener accompagnées de Papi Pollo (poulet frites) chez une grand-mère qui diffusait un match de foot : France – Uruguay . Un score final de 0-0, triste et à l’image de notre déception du jour.

Du côté de Latacunga, nous faisons nos premiers pas dans les montagnes équatoriennes par quelques jours dans la région de Quilotoa, en trek, puis nous gravissons la pointe Nord des Ilinizas. La grandeur et la beauté des paysages n’est hélas pas la seule réalité ici. Dans cette région andine d’altitude, nous découvrons les difficultés d’une population rurale très pauvre. La terre est dure à cultiver sur les pentes raides et le climat est particulièrement rude.

En continuant à suivre la panaméricaine, nous atteignons Quito, la capitale. Quito est une ville d’altitude qui suit le relief escarpé, donnant un aspect plus intime à certains quartiers que l’on pourrait croire coupés du reste de la ville. C’est sous une pluie fine et dans un brouillard mouvant, que nous parcourons le centre historique à la recherche d’un bon almuerzo (repas traditionnel de midi). Nous ne sommes finalement pas conquis par cette ville tentaculaire, et nous décidons de partir plus au Nord pour rejoindre Otavalo, mondialement connu pour ses marchés. C’est dans cette ville, entourée de volcans dont le Cotacachi et l’Imbabura, respectivement symboles de la mère et du père de tout le peuple indigène, que nous arrêtons notre remontée dans la Cordillère des Andes, véritablement conquis par ce pays aux milles facettes.